Monde: Le gouvernement populiste italien affirme son soutien aux « gilets jaunes »

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Italy’s Labor and Industry Minister and deputy PM Luigi Di Maio (R) waves as he arrives with Italy’s Interior Minister and deputy PM Matteo Salvini for the swearing in ceremony of the new government at Quirinale Palace in Rome on June 1, 2018. - Italian cabinet members of the new government led by newly appointed Prime Minister are to be sworn in, after a last-ditch coalition deal was hammered out to end months of political deadlock, narrowly avoiding snap elections in the eurozone's third largest economy. (Photo by Alberto PIZZOLI / AFP)

Luigi Di Maio a offert l’aide du Mouvement 5 Etoiles aux « gilets jaunes » français, et plus particulièrement celle de sa plate-forme Internet, baptisée « Rousseau ».

Les deux chefs politiques du gouvernement populiste italien ont spectaculairement affirmé, lundi 7 janvier, leur soutien aux « gilets jaunes » en France. « Gilets jaunes, ne faiblissez pas ! », a écrit le vice-premier ministre Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 Etoiles (M5S), sur le blog du parti. « Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple », a affirmé l’autre vice-premier ministre, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite).

Si les deux figures du populisme italien ont condamné les violences des dernières manifestations, c’est M. Di Maio, dont le mouvement prône une forme de démocratie directe depuis ses débuts en 2009, qui s’est montré le plus enthousiaste. Ce dernier a même offert l’aide de son mouvement et plus particulièrement de sa plate-forme Internet, baptisée « Rousseau », pour « organiser des événements sur le territoire » ou encore « choisir des candidats » et « définir le programme électoral », via son système de vote.

Manque de transparence

Rousseau est une plate-forme interactive sur Internet qui permet à tout inscrit au M5S de participer à l’élaboration des programmes, à la rédaction de lois, au choix des candidats pour les élections locales ou nationales. La maire de Rome, Virgina Raggi, avait remporté l’élection municipale en 2016, après avoir été sélectionnée via Internet par les militants lors d’une finale entre une dizaine de candidats, tous inconnus du grand public. « C’est un système pensé pour un mouvement horizontal et spontané comme le vôtre et nous serons heureux si vous voulez l’utiliser », écrit M. Di Maio.

Rousseau est toutefois critiqué en Italie pour son manque de transparence, et pour être sous le contrôle d’une société, créée par l’un des fondateurs du M5S, Roberto Casaleggio, théoricien de la démocratie directe et pourfendeur de la démocratie représentative.

« Comme d’autres gouvernements, celui en France pense surtout à représenter les intérêts des élites, ceux qui vivent de privilèges, mais plus de ceux du peuple », écrit aussi Luigi Di Maio sur son blog. « Le gouvernement d’[Emmanuel Macron] n’est pas à la hauteur des attentes et certaines politiques mises en œuvre sont, de fait, dangereuses, non seulement pour les Français, mais aussi pour l’Europe », a ajouté le chef de file du M5S, qui a déjà lancé la campagne du M5S pour les élections européennes prévues en mai. « Nous, en Italie, nous sommes parvenus à inverser cette tendance », s’est-il aussi félicité, tout en appelant les « gilets jaunes » à faire de même.