Gilets jaunes : sur l’île de la Réunion, l’économie est totalement paralysée

0
116

Une grave crise sociale touche l’île depuis le 17 novembre. Sur place, les produits de première nécessité, notamment les médicaments, commencent à manquer.

Grandes surfaces bloquées, rayons vides, près de 3.000 conteneurs pas déchargés, stations-service fermées… Le mouvement des «gilets jaunes» paralyse totalement l’île de la Réunion depuis le 17 novembre. Les «gilets jaunes» ont même récemment été rejoints par les «cirés jaunes», des petits pêcheurs en colère, comme l’expliquent nos confrères de Réunion la 1ère. Au cœur des revendications: l’arrêt des taxes, et des mesures contre la vie chère.

» LIRE AUSSI – Déçus, les «gilets jaunes» appellent à manifester samedi

Pour tenter de calmer la colère des Réunionnais, la ministre des Outre-mer Annick Girardin se rend ce mercredi sur l’île «pour dialoguer», comme elle l’expliquait hier sur France info. Annick Girardin devrait notamment faire des annonces sur le coût de la vie. Dès lundi, elle avait annoncé une baisse immédiate du prix des carburants. Pas sûr toutefois que cette volonté d’apaisement suffise. Sur les réseaux sociaux, des appels à un blocage total de l’île ont en effet été lancés pour l’arrivée de la ministre.

Commerces, écoles, hôpitaux…: l’île est à l’arrêt

«L’île de la Réunion est en arrêt total, toute l’économie est bloquée», expliquait lundi au Figaro Nadia Ramassamy, députée apparentée LR dans la 6ème circonscription de La Réunion. Selon elle, «les gilets jaunes bloquent l’entrée des grandes surfaces et font pression pour que les commerçants ferment». Des propos que nous confirme un entrepreneur qui vit sur place. Il évoque des «intimidations afin d’obliger les commerçants à être solidaires en fermant ou à nourrir les manifestants». Une vidéo relayée par le site réunionnais Freedom confirme ses propos et montre des «gilets jaunes» demandant de la viande, de l’eau et du saucisson aux commerçants par solidarité. L’entrepreneur parle également de «racket» aux barrages mis en place par les «gilets jaunes». «Samedi matin, quand je suis arrivé, on m’a réclamé 10 euros pour passer. J’ai préféré attendre», explique-t-il.

Résultat de cette situation: les rayons des magasins sont vides car ils ne sont plus du tout approvisionnés. Les produits de première nécessité, comme le riz ou la viande, sont concernés, détaille Nadia Ramassamy, rappelant que l’île de la Réunion «importe la plupart de ses produits». D’après la députée, «les agriculteurs ne peuvent même plus nourrir leurs animaux ou écouler leurs viandes». Autre difficulté majeure: l’approvisionnement en carburant. Le port de commerce est en effet bloqué et de nombreux automobilistes peinent à faire le plein.